Pollution des sols à une adresse : vérifier SIS, BASOL, CASIAS et ICPE avant d'acheter
Mis à jour le 19 octobre 2026
Un terrain garde la mémoire de ce qui s'y est passé : une station-service, un atelier de traitement de surface ou un dépôt de carburant peuvent avoir laissé des polluants dans le sol des décennies après leur fermeture. Rien ne se voit à la visite, et l'annonce n'en parle pas.
L'État recense ces sites dans plusieurs bases publiques, consultables gratuitement et sans compte à partir d'une adresse. Elles ne disent pas toutes la même chose : l'une signale une pollution avérée, une autre un simple passé industriel. Voici comment lire chacune, ce qu'elles ne disent pas, et quand demander une étude de sol avant de faire une offre.
Où vérifier la pollution des sols d'une adresse
Les bases officielles se consultent sur Géorisques, le portail des risques du ministère de la Transition écologique, en saisissant une adresse ou en sélectionnant une parcelle sur la carte. Elles y apparaissent sous la rubrique des sites et sols pollués, à côté des installations classées.
Quatre bases comptent pour un acheteur, de la plus engageante à la plus indicative :
- SIS (secteurs d'information sur les sols) : terrains où l'État a constaté une pollution et impose une information de l'acheteur.
- BASOL : sites pollués ou potentiellement pollués qui appellent une action des pouvoirs publics, à titre préventif ou curatif.
- CASIAS (ex-BASIAS) : inventaire historique des anciens sites industriels et activités de service susceptibles d'avoir pollué.
- ICPE (installations classées pour l'environnement) : activités encore en fonctionnement, encadrées pour leurs risques et leurs nuisances.
SIS : la pollution avérée, avec obligation d'information
Les secteurs d'information sur les sols ont été créés par la loi ALUR (article L125-6 du Code de l'environnement) et sont arrêtés par le préfet. Ils délimitent des terrains où la connaissance d'une pollution justifie, en cas de changement d'usage, des études de sols et des mesures de gestion. C'est la seule des quatre bases dont l'inscription crée, à elle seule, une obligation pour le vendeur.
Si le bien est situé dans un SIS, le vendeur doit en informer l'acheteur par écrit et lui transmettre les informations publiées par l'État, et l'acte de vente doit mentionner que c'est fait (article L125-7). À défaut, et si une pollution rend le terrain impropre à l'usage prévu au contrat, l'acheteur dispose de deux ans après la découverte de la pollution pour demander la résolution de la vente, une restitution d'une partie du prix, ou la réhabilitation du terrain aux frais du vendeur si son coût n'est pas disproportionné.
Les SIS figurent aussi dans l'état des risques remis à la vente. Le vérifier soi-même avant l'offre évite de le découvrir au compromis : voir comment obtenir l'état des risques avec ERRIAL.
BASOL : les sites suivis par l'administration
BASOL recense les sites pollués, ou potentiellement pollués, pour lesquels l'administration a engagé une action : diagnostic, surveillance, travaux de dépollution, restriction d'usage. La France en compte environ 11 000. Chaque fiche décrit l'activité passée, les polluants identifiés et l'état d'avancement du dossier.
Pour un acheteur, la ligne utile est souvent la plus discrète : la fiche indique si le site est traité, s'il fait l'objet de restrictions d'usage (interdiction de potager, d'usage de l'eau de la nappe, de certains travaux) et si ces restrictions ont pris la forme de servitudes, qui suivent le terrain d'un propriétaire à l'autre.
CASIAS : un passé industriel, pas une pollution constatée
CASIAS (carte des anciens sites industriels et activités de service, ex-BASIAS) est un inventaire historique : plus de 300 000 sites où une activité potentiellement polluante a existé, d'après les archives des préfectures. Garages, pressings, stations-service, dépôts de liquides inflammables y sont très nombreux.
Figurer dans CASIAS ne veut pas dire que le sol est pollué : la base dit qu'une activité a existé, pas ce qu'elle a laissé. Elle est utile pour poser une question précise au vendeur ou à la mairie (qu'y avait-il sur cette parcelle avant le lotissement ?), pas pour conclure.
Attention aussi à la localisation : beaucoup de sites anciens ont été positionnés à partir d'adresses d'archives, parfois approximatives. Un point CASIAS à 50 mètres peut en réalité se trouver sur la parcelle voisine, ou plus loin.
ICPE : les installations encore en activité
Les installations classées pour l'environnement sont des activités actuelles : usines, élevages, carrières, entrepôts, stations de traitement. Elles sont soumises à déclaration, enregistrement ou autorisation selon leur taille et leurs risques. Leur présence parle moins du sol que des nuisances possibles (bruit, odeurs, trafic de camions, risque d'accident).
Un point juridique compte pour l'acheteur d'un terrain : si une installation soumise à autorisation ou à enregistrement a été exploitée sur ce terrain, le vendeur doit en informer l'acheteur par écrit (article L514-20 du Code de l'environnement). Les recours sont proches de ceux d'un SIS : si l'information manque et qu'une pollution rend le terrain impropre à l'usage prévu au contrat, l'acheteur peut, dans les deux ans suivant la découverte, demander la résolution de la vente, une restitution d'une partie du prix ou la remise en état du site aux frais du vendeur si son coût n'est pas disproportionné.
Ces règles sont résumées ici à titre indicatif. Pour un dossier précis, c'est le notaire qui vérifie que ces informations ont bien été transmises avant la signature.
Ce que ces bases ne disent pas
Un recensement n'est pas un diagnostic. Aucune de ces bases ne mesure le sol sous le bien : elles disent qu'une activité ou une pollution a été identifiée dans un secteur, à un moment donné. L'inverse est vrai aussi : l'absence de site recensé ne garantit pas l'absence de pollution. Les activités anciennes, artisanales ou jamais déclarées échappent souvent aux inventaires, et les remblais d'origine inconnue ne sont recensés nulle part.
La distance compte plus que la présence. Un ancien site à 800 mètres, en aval, a rarement un effet sur une maison ; le même site sur la parcelle ou juste à côté mérite qu'on creuse. Pour situer précisément la parcelle du bien, voir comment consulter le plan cadastral.
Quand demander une étude de sol
Pour l'achat d'une maison existante, aucune étude de pollution des sols n'est exigée par la loi. Elle devient raisonnable, voire indispensable, dans quelques cas :
- Le bien est dans un SIS : pour un projet de construction ou de lotissement, une étude de sols est exigée, et la demande de permis doit comporter l'attestation d'un bureau d'études certifié (article L556-2 du Code de l'environnement).
- Un site BASOL, CASIAS ou une ancienne installation classée se trouve sur la parcelle elle-même ou en limite immédiate.
- Vous prévoyez un potager, un puits ou des usages qui exposent des enfants à la terre du jardin.
- Vous achetez un terrain à bâtir ou un bâtiment ancien à transformer en logement (ancien garage, atelier, local d'activité) : le changement d'usage est la situation la plus à risque.
Les questions à poser au vendeur
Avant l'offre, ces questions s'appuient sur ce que le vendeur doit ou peut savoir :
- Le bien est-il situé dans un secteur d'information sur les sols ? La réponse doit figurer dans l'état des risques.
- Quelle activité occupait le terrain avant la construction ou le lotissement ?
- Une installation classée a-t-elle été exploitée sur le terrain ?
- Des analyses de sol, des travaux de dépollution ou des restrictions d'usage existent-ils ? Si oui, demander les rapports.
Croiser ces bases à l'adresse, avec le reste du dossier
Pour une adresse précise, Clairbien interroge l'API publique de Géorisques : il indique si le bien tombe dans le périmètre d'un secteur d'information sur les sols, liste les SIS et les anciens sites CASIAS dans un rayon d'un kilomètre et les installations classées dans un rayon de deux kilomètres, puis croise le résultat avec les autres risques, les prix DVF et le DPE. Le rapport est gratuit et sans compte. C'est une aide à la décision indicative : elle ne remplace ni l'état des risques officiel ni une étude de sol. Les fiches BASOL se consultent sur Géorisques.
Pour les autres risques d'une adresse, voir les risques à vérifier avant une offre ; pour une maison, la carte des argiles 2026 ; et pour le parcours complet, la checklist avant d'acheter.
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Obtenir mon rapport gratuit →Questions fréquentes
- Comment savoir si un terrain est pollué ?
- Sur georisques.gouv.fr, en saisissant l'adresse : les bases SIS, BASOL, CASIAS et ICPE indiquent si une pollution ou une activité polluante a été recensée à proximité. Elles signalent un risque, pas l'état réel du sol : seule une étude de sol réalisée par un bureau d'études le mesure.
- Quelle est la différence entre SIS, BASOL et CASIAS ?
- Un SIS est un secteur où l'État a constaté une pollution et impose l'information de l'acheteur. BASOL recense les sites pollués ou potentiellement pollués qui font l'objet d'une action de l'administration. CASIAS (ex-BASIAS) est un inventaire historique des anciennes activités industrielles et de service, sans constat de pollution.
- Le vendeur doit-il déclarer une pollution des sols ?
- Oui dans deux cas prévus par le Code de l'environnement : si le bien est situé dans un secteur d'information sur les sols (article L125-7), et si une installation classée soumise à autorisation ou à enregistrement a été exploitée sur le terrain (article L514-20). À défaut, et si une pollution rend le terrain impropre à l'usage prévu au contrat, l'acheteur dispose de deux ans après la découverte pour demander la résolution de la vente, une restitution d'une partie du prix ou, si son coût n'est pas disproportionné, la remise en état du terrain aux frais du vendeur.
- Un diagnostic de pollution des sols est-il obligatoire pour acheter une maison ?
- Non. Aucun diagnostic de pollution des sols n'est exigé pour la vente d'une maison existante. Une étude de sols est en revanche exigée pour un projet de construction ou de lotissement dans un secteur d'information sur les sols, et elle reste conseillée si un ancien site industriel se trouve sur la parcelle.
- Un ancien site CASIAS près d'une maison est-il grave ?
- Pas forcément. CASIAS dit qu'une activité potentiellement polluante a existé, pas que le sol est pollué, et la localisation des sites anciens est parfois approximative. Le signal compte surtout si le site est sur la parcelle ou en limite immédiate : dans ce cas, interroger le vendeur sur l'historique du terrain et envisager une étude de sol.
- La pollution des sols figure-t-elle dans l'état des risques ?
- En partie. L'état des risques indique si le bien est situé dans un secteur d'information sur les sols. Les sites BASOL, CASIAS et les installations classées voisines n'y figurent pas : ils se consultent sur Géorisques.
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Contenu indicatif établi à partir de données et sources publiques. Il constitue une aide à la décision et ne remplace pas un notaire, un diagnostiqueur certifié ni les diagnostics réglementaires.