Carte des argiles 2026 : vérifier l'exposition d'une maison avant d'acheter

Mis à jour le 15 octobre 2026

Le retrait-gonflement des argiles est un risque lent : le sol se rétracte pendant les sécheresses, regonfle avec les pluies, et la maison posée dessus finit par se fissurer. C'est une cause importante de sinistres sur les maisons individuelles en France, et il ne se voit pas toujours à la visite.

La carte officielle a été mise à jour en 2026, et les zones exposées se sont étendues. L'exposition d'une adresse reste publique et gratuite sur Géorisques. Voici ce qui a changé, comment la lire, et ce qu'il faut demander au vendeur avant de faire une offre.

Ce qui change avec la carte de 2026

L'arrêté du 9 janvier 2026 remplace la carte d'exposition de 2020 pour tenir compte des sécheresses récentes et des sinistres constatés. Le nouveau zonage s'applique aux ventes de terrains à bâtir et aux contrats de construction de maisons individuelles conclus à partir du 1ᵉʳ juillet 2026.

Les zones d'exposition moyenne ou forte couvrent désormais 55 % du territoire hexagonal (hors Paris), contre 48 % en 2020, et concernent environ 12,1 millions de maisons individuelles. Conséquence pour un acheteur : une maison classée en exposition faible il y a quelques années peut être aujourd'hui en zone moyenne. Mieux vaut consulter la carte à jour que se fier à un document ancien.

Le même zonage sert aussi au Fonds de prévention argile, une aide expérimentée dans quelques départements pour les propriétaires occupants de maisons en exposition forte : voir fonds-prevention-argile.beta.gouv.fr.

Qu'est-ce que le retrait-gonflement des argiles ?

Certains sols contiennent des argiles qui changent de volume selon leur teneur en eau : ils se rétractent quand ils sèchent et gonflent quand ils se réhydratent. Ces mouvements sont faibles, mais répétés d'une saison à l'autre, ils suffisent à faire travailler les fondations d'une maison, surtout si elles sont peu profondes.

Les épisodes de sécheresse marqués aggravent le phénomène, ce qui explique que les sinistres arrivent par vagues, après les étés secs. Les maisons individuelles sont les plus touchées ; les immeubles, fondés plus profondément, le sont beaucoup moins.

Lire la carte des argiles sur Géorisques

Le BRGM a cartographié l'exposition au retrait-gonflement sur tout le territoire hexagonal. La carte se consulte gratuitement, sans compte, sur Géorisques, en saisissant une adresse. Elle classe chaque zone selon quatre niveaux :

  • Exposition forte : la probabilité de survenue d'un sinistre est la plus élevée, et l'intensité attendue aussi.
  • Exposition moyenne : niveau intermédiaire entre faible et forte. Comme en zone forte, l'étude de sol y est obligatoire pour vendre un terrain à bâtir.
  • Exposition faible : la survenue de sinistres est possible en cas de sécheresse importante, mais ils touchent surtout les bâtiments les plus vulnérables.
  • Zone a priori non argileuse : pas de formation argileuse identifiée par la cartographie, sans exclure des poches locales.

Ce que la carte dit, et ce qu'elle ne dit pas

La carte décrit le sol d'une zone, pas l'état d'une maison. Une maison en exposition forte peut être saine si elle a été bien fondée ; une maison en exposition faible peut être fissurée. Le niveau d'exposition est un signal pour regarder de plus près, pas un verdict.

C'est aussi une carte à l'échelle d'une zone : à la limite entre deux niveaux, la parcelle exacte compte. Pour vérifier la parcelle d'un bien, voir comment consulter le plan cadastral.

Enfin, l'exposition aux argiles ne figure pas forcément dans l'état des risques remis à la vente, qui ne liste que les risques réglementés. Elle se lit sur la carte de Géorisques, à côté du document : voir ce que contient l'état des risques ERRIAL.

Les signes à repérer pendant la visite

En zone d'exposition moyenne ou forte, une visite attentive vaut mieux qu'une carte. Les indices les plus courants :

  • Fissures en escalier sur les murs extérieurs, ou en biais à partir des angles des portes et des fenêtres.
  • Portes et fenêtres qui coincent ou ne ferment plus d'aplomb.
  • Décollement entre la maison et une terrasse, un garage ou une extension.
  • Carrelage fissuré ou sol qui s'affaisse par endroits.
  • Fissures rebouchées ou enduit refait récemment sur une seule façade, qui peuvent masquer un mouvement ancien.
  • Gros arbres proches de la maison : leurs racines assèchent le sol et accentuent le phénomène.

Les questions à poser au vendeur

Ces questions s'appuient sur des documents que le vendeur peut produire :

  1. La maison a-t-elle déjà subi un sinistre lié à la sécheresse ? Les sinistres indemnisés au titre des catastrophes naturelles doivent être déclarés dans l'état des risques.
  2. La commune a-t-elle fait l'objet d'arrêtés de catastrophe naturelle « sécheresse » ? La liste figure sur Géorisques, à l'adresse.
  3. Des travaux de reprise en sous-œuvre ou de confortement ont-ils été réalisés ? Par qui, avec quelle garantie ?
  4. Pour une maison récente, une étude de sol a-t-elle été faite avant la construction ?

Terrain à bâtir : l'étude de sol obligatoire

Depuis la loi ELAN, la vente d'un terrain non bâti constructible situé en zone d'exposition moyenne ou forte doit s'accompagner d'une étude géotechnique préalable, fournie par le vendeur et annexée à la promesse ou à l'acte de vente. Le constructeur de la maison doit ensuite en tenir compte.

Cette obligation vise les terrains à bâtir, pas les maisons existantes. Pour une maison déjà construite, aucune étude de sol n'est exigée à la vente : ce sont les questions et l'inspection ci-dessus qui comptent.

Avoir l'exposition aux argiles avec le reste du dossier

Pour une adresse précise, Clairbien interroge l'API publique de Géorisques et affiche le niveau d'exposition au retrait-gonflement des argiles avec les autres risques, puis le croise avec les prix DVF et le DPE. C'est une aide à la décision indicative : elle ne remplace ni l'état des risques officiel ni l'avis d'un professionnel du bâtiment. Pour lire l'ensemble des risques d'une adresse, voir les risques à vérifier avant une offre, et pour le parcours complet, la checklist avant d'acheter.

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Questions fréquentes

Comment savoir si une maison est en zone d'argiles ?
Sur georisques.gouv.fr, en saisissant l'adresse : la carte d'exposition au retrait-gonflement des argiles du BRGM indique si la zone est en exposition forte, moyenne, faible ou a priori non argileuse. La consultation est gratuite et sans compte.
Une exposition forte aux argiles empêche-t-elle d'acheter ?
Non. Elle signale un sol sensible, pas un défaut de la maison. Elle invite à inspecter le bien de près (fissures, portes qui coincent), à demander l'historique des sinistres et des travaux, et si besoin à faire appel à un professionnel du bâtiment.
Le retrait-gonflement des argiles figure-t-il dans l'état des risques ?
Pas forcément. L'état des risques liste les risques réglementés et les sinistres indemnisés au titre des catastrophes naturelles. L'exposition aux argiles se lit sur la carte de Géorisques.
Qu'est-ce qui change avec la nouvelle carte des argiles 2026 ?
L'arrêté du 9 janvier 2026 met à jour la carte de 2020. Les zones d'exposition moyenne ou forte couvrent désormais 55 % du territoire hexagonal, contre 48 %, soit environ 12,1 millions de maisons. Le nouveau zonage s'applique aux ventes de terrains à bâtir et aux contrats de construction conclus depuis le 1er juillet 2026.
L'étude de sol est-elle obligatoire pour acheter une maison ?
Non. Depuis la loi ELAN, l'étude géotechnique préalable est obligatoire pour la vente d'un terrain non bâti constructible en zone d'exposition moyenne ou forte. Elle n'est pas exigée pour la vente d'une maison existante.
Quels sont les signes du retrait-gonflement des argiles sur une maison ?
Des fissures en escalier ou en biais depuis les angles des ouvertures, des portes et fenêtres qui coincent, un décollement entre la maison et une terrasse ou une extension, un carrelage fissuré. Des fissures rebouchées récemment méritent aussi une question au vendeur.

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Contenu indicatif établi à partir de données et sources publiques. Il constitue une aide à la décision et ne remplace pas un notaire, un diagnostiqueur certifié ni les diagnostics réglementaires.